Pendant que tous les pays du monde sont préoccupés par les grands
defies de l’heure et
que tout avance à toutes vitesses, la République démocratique du Congo, mon pays, en est encore au stade rudimentaire et même embryonnaire où l'État au sens moderne du terme reste encore à inventer, à tel point qu’on se demande si jamais on lui enlevait le nom qu’il porte, qu’est ce qui lui resterait ?
L’on se rappelle que le Congo est un État que lorsqu’on parle de sa marionnette de chef de l'État. Il
n’a de démocratique que le nom qu’il porte. Mais en dehors de cela, le sentiment général tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, est que ; l’on a à faire juste à un espace géographique qu’occupent 60 millions d’individus (encore faut-il procéder à un recensement digne de ce nom du point de vue scientifique), qui vivent chacun pour soi comme des brebis sans berger.
Et tout se passe comme si ceux à qui le sort a confié le destin du peuple avaient démissionné sans le dire.
Le pays ressemble aujourd’hui à un navire sans capitaine et qui navigue à vue, ou à une jungle ou c’est le plus fort qui impose sa loi. Le spectacle qu’offre le grand Congo, est plus que désolant.
L'Est du pays, sous l’autorité d’autres maîtres, s’installe de plus en plus durablement dans une logique de Kosovisation qui ne veut pas dire son nom. Avec plus de 5 millions de morts et plus de 800 milles déplacés en dix ans de conflit, la RDCongo connaît le conflit le plus meurtrier après la seconde guerre
mondiale, et malheureusement, c’est une guerre sans image. Contrairement au conflit du Darfour, la situation du Congo semble n’est pas attirer la même attention que celle du Soudan, alors que les populations qui sont prises au piège dans cette partie du Congo et qui paient le plus lourd tribut de cette agression injuste et injustifiable, ont, elles aussi, du sang rouge qui circule dans leurs veines!
Et ce qui est frustrant, c’est le fait que le pays vient d’avoir une chance historique à travers les élections de 2006 qui, pourtant, étaient sensées mettre fin, une fois pour toutes, à plusieurs décennies du règne de la MÉDIOCRATIE et de la DICTATURE érigées en système de gouvernement au Congo. Mais malheureusement, plus d’un an après ces élections, tous les démons que l’on croyait avoir exorcisés sont toujours là, et ils sont même plus forts qu’avant. Tous les droits humains sont toujours confisqués, et les institutions mises en place au lendemain des élections peinent à répondre aux attentes élémentaires des Congolais.
Dans une démocratie digne de ce nom, le peuple se serait tourné vers ses élus pour leur demander des comptes. Mais à qui demander justement les comptes ? Aux parlementaires préoccupés en ce moment par l’acquisition de leurs nouvelles jeeps et par une augmentation de leurs indemnités qu’ils veulent voir passer de 4500$ à 7500$ ? Non, ce n’est pas vers eux qu’il faut se tourner. Mais vers qui se tourner alors ? Vers un premier minister affaibli par l’age et qui, selon toute vraisemblance, est désormais dans la ligne de mire du camp de Kanambe qu’il a pourtant porté au pouvoir ?
Faudra t-il alors se tourner vers l’ancien porteur d’œufs qui par on sait quelle magie, s’est vu confier un pays 4 fois plus grand que la France alors qu’il n’a jamais diriger même une petite localité ?
Mais où le trouver ? Ayant opté pour la clandestinité, alors qu’on le disait revenu sur la scène tant nationale qu’internationale à l’occasion du récent sommet de la CEEAC qui aurait eu lieu au palais de la nation, sommet qu’il aurait présidé même si on ne l’a entendu faire aucune déclaration, Hippolyte Kanambe alias Joseph Kabila reste toujours pratiquement inexistant sur le terrain : aucune déclaration, aucune prise de position face à l’actualité tant nationale qu’internationale de l’heure, bref, il est devenu un fantôme.
On le disait pétillant de santé, mais apparemment, les inquiétudes sur sa capacité réelle à continuer à présider à la destinée du grand Congo, persistent plus que jamais. Il est devenu, au dire d’un compatriote qui nous a écrit, le seul chef d'État au monde qui passe totalement inaperçu si bien que, même la télévision nationale peu faire une semaine, si pas plus, sans montrer une seule image de lui ni couvrir une seule activité où l’on peut le voir en action.
Lors de ce fameux mystérieux sommet du 10 mars 2008, c’est le désormais tristement célèbre général Kalume qui l’a représenté à l’Aéroport de Ndjili. A quoi était-il si occupé au point d’éviter de faire le
déplacement de N’djili ? Plus grave encore, c’est Zanga Mobutu qui est allé accueillir le président Sassou à sa descente de l’avion dans l’enceinte même du palais de la nation. Et depuis, Kanambe s’est réfugié dans le mutisme que certains attribuent aux incohérences locomotrices dont il serait victime.
Pendant ce temps, on sent qu’il n ya plus de commandant à bord du navire Congo. Et comme dans toutes les situations où il y a carence d’autorité, c’est la loi de l’intimidation et le terrorisme d'État qui viennent combler ce vide.
Mais puisque ni le gouvernement, ni le parlement ne contrôle réellement les affaires de l'État, qui alors dirige le Congo de OKito ?